Interdiction des promenades à dos d’éléphant en Indonésie : ce qui change pour les touristes

Interdiction des promenades à dos d'éléphant en Indonésie

L’interdiction des promenades à dos d’éléphant en Indonésie est entrée en vigueur début janvier 2026. Le pays devient ainsi le premier d’Asie à bannir totalement cette activité dans tous les centres touristiques et structures de conservation. La décision découle d’une circulaire du ministère de l’Environnement et des Forêts (n°6 de 2025) et vise à mettre fin aux souffrances infligées aux éléphants de Sumatra, espèce en danger critique d’extinction. Pour les voyageurs, cela signifie la fin des balades classiques, mais l’ouverture de nouvelles expériences plus respectueuses. Plus de 100 éléphants captifs sont concernés, principalement à Bali et à Sumatra.

Origine de l’interdiction des promenades à dos d’éléphant en Indonésie

Le 18 décembre 2025, la Direction générale de la conservation des ressources naturelles et des écosystèmes (KSDAE) a publié la circulaire n°6. Elle ordonne à tous les zoos, parcs animaliers et centres de conservation d’arrêter immédiatement les promenades et démonstrations impliquant des éléphants. Les agences BKSDA locales veillent à l’application, avec possibilité de retrait de licence en cas de non-respect.

Cette mesure s’appuie sur des lois antérieures : protection renforcée de l’éléphant de Sumatra depuis 2018 et sanctions plus sévères contre la maltraitance animale en 2024. Des enquêtes de PETA Asia ont révélé des pratiques de dressage violentes (chaînes, crochets, privation de nourriture) dans des sites comme le Mason Elephant Park & Lodge à Bali.

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Pourquoi les autorités ont-elles interdit les promenades à dos d’éléphant

La morphologie des éléphants ne supporte pas le poids d’un howdah (selle) et de plusieurs personnes. Les conséquences incluent des déformations de la colonne vertébrale, des troubles articulaires chroniques et des inflammations. Le dressage, souvent appelé « phajaan » ou « crush », provoque des traumatismes psychologiques durables.

L’éléphant de Sumatra compte seulement 2 400 à 2 800 individus à l’état sauvage. Chaque animal captif forcé à porter des touristes perd des heures précieuses pour se nourrir, socialiser et se reposer. Les autorités veulent recentrer le tourisme sur l’observation et l’éducation plutôt que sur l’exploitation.

Impact sur les principaux sites touristiques

Plusieurs parcs ont déjà arrêté les balades. Voici un aperçu des changements constatés :

Site Localisation Statut depuis janvier 2026
Bali Zoo Bali Balades arrêtées dès le 1er janvier
Mason Elephant Park & Lodge Bali Dernier site à stopper, le 25 janvier
Parc national de Way Kambas Lampung, Sumatra Transition vers observation uniquement

À Bali, une douzaine d’institutions géraient des éléphants ; cinq d’entre elles sont directement concernées. Les cornacs gardent leur rôle pour les soins et les patrouilles anti-braconnage, mais plus pour le tourisme de monte.

Alternatives éthiques pour voir les éléphants en Indonésie

Les voyageurs peuvent toujours rencontrer ces animaux, mais dans des conditions respectueuses. Voici les critères à vérifier :

  • Pas de contact physique (pas de montée, pas de bain forcé, pas de selfies avec chaîne)
  • Observation à distance dans des espaces semi-naturels
  • Activités centrées sur l’alimentation libre, les bains naturels et les comportements sauvages
  • Participation à des programmes de conservation ou de sensibilisation
  • Absence de spectacles ou de démonstrations
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Des sanctuaires comme ceux de Tangkahan (Sumatra) proposent déjà des expériences d’observation en forêt. Des opérateurs responsables organisent des treks guidés où les éléphants restent libres de leurs mouvements.

Conséquences économiques et réactions des acteurs du tourisme

Certaines structures craignent une perte de revenus pouvant atteindre 50 % à Bali. Les routines des éléphants changent : certains montrent des signes de stress temporaire en raison de la réduction des interactions humaines. Les gestionnaires travaillent à de nouveaux modèles : visites éducatives, photographie éthique, soutien aux programmes de réhabilitation.

Du côté des défenseurs, la Fondation Brigitte Bardot, World Animal Protection et WWF saluent une avancée historique. Ils espèrent que la Thaïlande, le Népal ou le Laos suivront rapidement l’exemple indonésien.

Conseils pratiques pour préparer son voyage en 2026 et après

Avant de réserver une excursion, demandez explicitement si des promenades à dos d’éléphant sont proposées. Si oui, choisissez un autre prestataire. Privilégiez les labels de tourisme responsable ou les recommandations de PETA et World Animal Protection.

Les éléphants restent visibles dans les parcs nationaux (comme le parc national de Gunung Leuser) ou lors de safaris éthiques à Sumatra. Ces options permettent d’observer des troupeaux sauvages sans perturber leur habitat.

L’interdiction des promenades à dos d’éléphant en Indonésie marque un tournant. Les touristes d’aujourd’hui contribuent à un tourisme plus durable : en refusant les anciennes pratiques, ils incitent les acteurs locaux à investir dans des modèles respectueux des animaux et de l’environnement.

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